Publié par
Eric Kayihura Bushishi
Dans Justice
Au moment où la population rwandaise dénonce le fait d’avoir détaché le Tribunal Pénal International pour le Rwanda(TPIR) des bénéficiaires, certains procès au Rwanda se déroulent encore à l’insu des victimes.
L’affaire Musonera suscite plus de questions que de réponses
Monsieur Joseph Musonera a été appréhendé par le tribunal-gacaca de Nyarugenge pour avoir voulu se rendre au Burundi ( fuir le pays ) et avoir été complice dans la mort d’une femme à Biryogo dans la ville de Kigali. Le tribunal –Gacaca de Biryogo a été saisi de l’affaire et a voulu prendre le cas en mains.
Le tribunal-gacaca de Nyarugenge a reformulé les accusations : Joseph est alors accusé des pillages et de complicité dans le génocide du grand hôpital de Kigali(CHK) .Sa dame qui avait été appréhendée pour avoir terrorisé un témoin, écope d’une peine de six mois alors que le témoin venait de nier l’effet. La population de Biryogo impute ces irrégularités au fait que les procès se sont déroulé au tribunal-gacaca de Nyarugenge alors qu’à on maitrisait mieux la situation.
A la fin du procès , force a été de constater que Joseph Musonera a été reconnu coupable sur base des déclarations d’un autre accusé qui l’avait cité (par mégarde a-t-il déclaré aux juges ) comme ayant été un jour à l’hôpital CHK au moment du génocide.
Même si personne n’a montré ce que Joseph Musonera a fait là-bas ce jour –là, (Passer au CHK ne constitue pas en soi un crime), Musonera nie y avoir mis ses pieds au cours du génocide et personne ne dit le contraire.
De plus, le juge a fait état de sa connaissance des actes accusés à Joseph Musonera, sans qu’il démontre qui l’accuse. Ainsi la détermination de la culpabilité ne s’est pas fondée sur les faits mais sur l’opinion du juge qui a commencé le procès en demandant à l’accusé de démontrer lui-même qu’il n’avait pas pillé alors qu’il apparait riche. Aucune victime , aucun rescapé ,aucune information sur le comportement de Joseph Musonera pendant le génocide, n’ont été révélés.
Enfin, le public a été frappé par le fait que le juge, en prononçant la sentence, s’est basé sur ce qui n’a pas été dit durant le procès. En effet, personne n’a témoigne en déclarant avoir vu Joseph Musonera et sa femme commettre les forfaits dont ils étaient accusés à savoir le pillage et la complicité dans le génocide .
Un Tribunal de Huye, juge l’affaire de Kamonyi.
Dans la cellule administrative de Cyambwe, à Musambira dans le district de Kamonyi, une vieille du nom d’Adèle Nyirantahobava entend par ouï-dire que sa foret va être mise aux enchères.
Surprise, elle tente d’arrêter l’exécution, mais en vain. Elle reçoit les explications comme quoi son fils Minani Furaha a offert cette parcelle à son ami Sosthène Musafiri qui l’a ensuite hypothéquée à la banque populaire de Musambira.
Elle apprend également qu’un procès s’est déroulé à Huye à l’absence de son fils et de Sosthène Musafiri qui était accusé d’insolvabilité.
La population qui connait les deux voisins annoncent qu’elle ne comprend pas ce qui se passe ni pourquoi la banque populaire de Musambira a préféré saisir le tribunal de Huye.
Huye est à plus de 80 km de l’objet du litige.
Eric Kayihura Bushishi, Rwanda